Comment déclarer le revenu de votre seconde résidence en France dans votre déclaration?

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Vous êtes propriétaire d’une seconde résidence en France et vous devez déclarer, en Belgique, le revenu dégagé par cette propriété.

Comment faire ?
Tout contribuable, propriétaire d’une seconde résidence en France, ou de tout autre immeuble bâti est légalement tenu d’indiquer, au x codes 1130/2130 de sa déclaration, la valeur locative brute de ses propriétés immobilières, après déduction de l’impôt étranger. Par valeur locative brute, on entend le revenu locatif annuel moyen qui pourrait être perçu si le bien était donné en location, durant la période imposable, selon les usages du pays et la situation du bien.

Pour déterminer la valeur locative brute, le contribuable belge peut se référer, par exemple, au revenu cadastral français estimé par l’administration fiscale française et mentionné dans l’extrait de rôle au titre de la taxe d’habitation ou de la taxe foncière.

Remarquez que le montant utilisé pour le calcul de la taxe foncière représente la moitié de celui utilisé pour le calcul de la taxe d’habitation. Dès lors, si vous ne retrouvez pas votre extrait de rôle au titre de la taxe d’habitation, vous prenez le montant de la valeur locative brute mentionné sur votre extrait de rôle de la taxe foncière et vous le multipliez par deux !

Du montant de la valeur locative brute, vous déduisez le montant cumulé de la taxe foncière et de la taxe d’habitation

Vous vérifiez que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a été enrôlée en même temps que la taxe d’habitation. Si elle a été enrôlée séparément, vous pouvez également déduire cette taxe.

En cas de mise en location de l’immeuble, le montant qui doit être déclaré, aux mêmes codes, est alors le loyer brut réellement encaissé, diminué de l’ensemble des impôts payés en France, sans pouvoir y inclure l’impôt payé, en France, au titre des revenus fonciers.

Dans les deux cas, le montant, automatiquement pris en compte dans l’assiette des revenus, est égal à 60% de la valeur locative brute, ou du loyer brut, pour les immeubles bâtis et à 90% pour les biens immobiliers non bâtis. Ce revenu est totalement exonéré d’impôts en Belgique, mais, par le mécanisme de la réserve de progressivité, peut augmenter légèrement la pression fiscale sur les autres revenus d’origine belge.

Prenons un exemple :

Sur votre avis d’imposition de la taxe d’habitation, il est indiqué :

valeur locative brute : 3.621
valeur locative moyenne : 2.652
base d’imposition : 3.621
montant de l’impôt : 1.040
Sur votre avis d’imposition de la taxe foncière, il est indiqué :
valeur locative brute : 1.811
montant de l’impôt : 989

Le montant à déclarer est égal à 3.621 – ( 1.040 + 989) = 1.592

Il sera réparti entre les codes 1130 et 2130 en fonction de la quote-part de chacun des époux dans le financement de l’immeuble.

Si l’immeuble a été acquis par deux époux sans mentionner de quote-part particulière dans l’acte d’acquisition, et ce quel que soit le régime matrimonial des époux, le montant à déclarer sera repris, pour moitié au code 1130 et pour l’autre moitié au code 2130, soit, dans notre exemple, 796 au code 1130 et 796 au code 2130.

Si l’acte d’acquisition mentionne une quote-part particulière pour chacun des époux, cette clé de répartition sera utilisée pour déterminer les montants respectifs à déclarer dans chacun des codes 1130 ou 2130

Si l’immeuble est un bien propre du contribuable, par exemple recueilli par suite d’une succession ou d’une donation, il sera mentionné au seul code 1130, ou 2130 si l’immeuble est un bien propre du conjoint du contribuable.

Si votre seconde résidence n’est pas encore construite et que vous êtes propriétaire d’un terrain, le même principe s’applique en ne prenant en compte que l’assiette de la taxe foncière (multipliée par deux) diminuée de la taxe foncière. Dans ce cas, vous mentionnez ce résultat aux codes 1131/2131

En mentionnant ces montants, vous ne devriez pas alourdir considérablement votre imposition en Belgique, et vous éviterez un avis de rectification de la déclaration en matière d’impôts sur les revenus, avec tous les désagréments que ce document peut entraîner.

Photocredit by flickr.

20 réponses

cornet aimé le 24 janvier 2008 à 15:33

Merci pour l’information relative à la declaration du revenu d’une seconde résidence en France.
S’il s’agit d’une résidence de tourisme (LMNP- micro-BIC), la déclaration pourrait- suivant un ami- porter sur les dividendes payés par la “société” BIC.
Est-ce exact?
Avec mes remerciements;
A.CORNET

arthur le 31 mai 2008 à 22:00

Puis-je déduire mon emprunt hypothécaire conclu pour acheter ma seconde résidence en France ?

Lacourt Alain le 2 juin 2008 à 9:37

En réponse à Arthur, vous pouvez toujours mentionner les intérêts de l’emprunt aux codes 1146/2146 si les modalités de votre emprunt répondent aux conditions requises.

Soit vous disposez d’autres revenus immobiliers d’origine belge (en plus de votre résidence principale), et les intérêts de votre emprunt pour votre seconde résidence française seront déduits de ces revenus.

Soit vous n’avez pas d’autres revenus immobiliers d’origine belge, et les intérêts que vous déclarerez ne feront que gommer l’impact de la réserve de progressivité mais ne pourront être déduits d’aucun revenu !

N’oubliez pas un principe : les intérêts ne sont déductibles que d’un revenu imposable en Belgique. Une seconde résidence en France n’est pas imposable en Belgique. Donc, pas de revenu imposable, pas de déduction !

Paul le 16 juin 2008 à 13:38

Très intéressant votre article.

Cependant, une question me vient à l’esprit. Que se passe-t-il au niveau déclaration si la propriété a été achetée par 2 couples différents qui possèdent la propriété à parts égales? Faut-il tout diviser par 2? Ou faut-il procéder autrement?

Merci d’avance pour votre réponse

Garros le 24 juin 2008 à 10:59

Votre commentaire.

J’ai une simple question à vous poser.
Ma compagne et moi même (Co habitante de fait) comptons prochainement acheter(50/50) un petit bien immobilier dans le sud de la France.(+/- 195000 EUR).Le foncier doit être de +/- 1870 EUR.
Nous résidons en Belgique et nous ne sommes pas mariés (Cohabitants de fait).
Par la suite,nous comptons mettre ce bien en location une dizaine de semaines par an.
Le bien n’est pas neuf mais nous avons entendu parler du statut de LMNP (loueur meublé non prof.)?Ce statut est il appliquable pour un bien non soumis à la tva?Comment s’aquiert ce statut?
De plus je suis gérant depuis 11 ans d’une sprlu en Belgique qui fait des bénéfices depuis le début ,serait il possible d’introduire l’ achat de ce bien à raison de 50 % (ma quote part) sans avoir de soucis avec l’administration ?Pour les frais de notaire et d’enregistrement, quels sont les frais exacts?
Enfin,ma compagne n’a pas encore de bien immobilier en personne physique.
Qu’en pensez vous et que me conseillez vous?

Garros le 24 juin 2008 à 11:02

Votre commentaire.

J’ai une simple question à vous poser.
Ma compagne et moi même (Co habitante de fait) comptons prochainement acheter(50/50) un petit bien immobilier dans le sud de la France.(+/- 195000 EUR).Le foncier doit être de +/- 1870 EUR.
Nous résidons en Belgique et nous ne sommes pas mariés (Cohabitants de fait).
Par la suite,nous comptons mettre ce bien en location une dizaine de semaines par an.
Le bien n’est pas neuf mais nous avons entendu parler du statut de LMNP (loueur meublé non prof.)?Ce statut est il appliquable pour un bien non soumis à la tva?Comment s’aquiert ce statut?
De plus je suis gérant depuis 11 ans d’une sprlu en Belgique qui fait des bénéfices depuis le début ,serait il possible d’introduire l’ achat de ce bien à raison de 50 % (ma quote part) sans avoir de soucis avec l’administration ?Pour les frais de notaire et d’enregistrement, quels sont les frais exacts?
Enfin,ma compagne n’a pas encore de bien immobilier en personne physique.Pour ma part, je suis propriétaire à 100 % de ma maison .
Qu’en pensez vous et que me conseillez vous?

Etienne José le 24 juin 2008 à 17:29

Merci pour ces précieux renseignements.Je compte faire des travaux pour économiser l’énergie (pose de doubles vitrages) dans ma maison en France. Pourrai-je obtenir une réduction d’impôt sur mes revenus belges en ayant toutes les attestations françaises requises comme en Belgique?

Tassart Philippe le 28 juillet 2008 à 20:43

Votre commentaire.
Je vis une situation similaire à celle exposée par Garros ci-dessus : je suis gérant d’une sprlu et je voudrais acquérir un bien en France via ma sprlu, dans l’espoir de pouvoir déduire les intérêts du prêt ainsi que l’amortissement sur le bien. Est-ce possible ? Quels sont les obstacles ? On m’a dit que dans le cas d’une société, je devais prendre un comptable en France pour gérer la fiscalité du bien immobilier et ce comptable transmettrait les données françaises à mon comptable belge. J’ai aussi entendu dire que les pertes engendrées par le bien en France pourraient être prises en charge par la ma société belge mais que le bénéfice d’impôt engendré par cette manoeuvre devrait être remboursé par la suite ! Alors, quel intérêt de faire cela via ma sprlu ?
Merci pour votre réponse.

Lacourt Alain le 29 juillet 2008 à 12:29

Votre commentaire.
Réponse à Etienne José : Je comprends que la fiscalité des revenus professionnels est tellement lourde en Belgique que le contribuable cherche, par tous les moyens, à trouver des dépenses fiscalement déductibles. Malheureusement pour vous, les dépenses pour double vitrage dans une maison en France génère un crédit d’impôt en France pour …un contribuable qui y est fiscalement domicilié, et non pour un contribuable belge !

Vous n’aurez que le rêve de pouvoir déduire en Belgique cette dépense effectuée en France que pour bercer vos illusions

Alain Lacourt

Lacourt Alain le 29 juillet 2008 à 12:34

Votre commentaire.
Réponse à Philippe Tassart :

Je comprends parfaitement que vous ayez envie de déduire dans votre SPRLU des charges relatives à votre immeuble en France. Mais malheureusement, on n’a pas toujours ce que l’on a envie et il faut se contenter de l’espoir !

Par contre, vous pourriez utiliser intelligemment des sommes disponibles dans votre SPRLU pour financer l’acquisition de votre immeuble en France. Mais celà doit être analysé au cas par cas !

Bonne cogitation

Alain Lacourt

Lacourt Alain le 29 juillet 2008 à 12:36

Votre commentaire.
Réponse à Paul

Non, il ne faut faire autrement. La simple division par deux et la répartition entre les co-indivisaires est la bonne manière de procéder.

Meilleures salutations

Alain Lacourt

Tassart Philippe le 29 juillet 2008 à 17:08

Votre commentaire.
Réponse à Alain Lacourt.
C’est exactement ce que je veux faire : investir les deniers de ma sprl (ou par prêt hypothécaire) dans l’achat d’une maison en France !
Pouvez-vous m’aider dans le montage du projet ? Je sais qu’il faut un comptable français qui s’arrangerait avec ma fiduciaire belge.
Dans l’attente impatiente de vos nouvelles !

Van Poucke le 13 janvier 2010 à 20:03

Votre commentaire.
Pour l’achat d’une maison en Provence, mon épouse à ouvert un crédit (1/3 de la valeur de l’achat) Nous sommes mariés sous le régime de séparation totale. Notre maison en Belgique et mise dans la communauté et libre de crédit. Par contre elle sert de garantie pour le crédit de 10 ans sur l’achat Français. Mon épouse a des revenus en Belgique, elle n’a pas de biens immobilier en Belgique. Peut-elle déduire dans sa déclaration les intérêts remboursés ?
Ou devons nous faire autrement ?
Merci pour votre réponse.

STEPH RAEMDONCK le 17 mars 2010 à 14:57

Bonjour, nous allons mettre une maison en location très prochainement ( EN BELGIQUE) A quoi devons nous nous attendre en terme de taxation ?

Michel Balthasart le 8 juin 2010 à 15:17

Bonjour! Quand il y a une nue-propriétaire et une usufruitière pour un immeuble en France, est-ce à l’usufruitière ou à la nue-propriétaire à déclarer les revenus locatifs en France et en Belgique?
Question bis: y a-t-il eu des changements législatifs en France depuis la publication de larticle (2007)? Merci d’avance pour la réponse!

lacourt alain le 8 juin 2010 à 15:43

Votre commentaire.

Bonjour,

L’imposition est toujours dans le chef de l’usufruitier et non du nu-propriétaire, tant en France qu’en Belgique.

Soit l’immeuble est mis en location : l’usufruitier belge est tenu de déclarer, en France, au centre des impôts des non-résidents, les loyers perçus. Il sera imposé, en France, suivant le régime fiscal appliqué aux revenus en question (revenu foncier, micro-loueur, micro-bic, régime réel simplifié,…). En Belgique, il est tenu de déclarer le loyer encaissé sous déduction des impôts locaux. Il ne sera pas imposé en Belgique, mais le montant déclaré peut influencer le montant de l’imposition globale en Belgique par le mécanisme de réserve de progressivité.

Soit l’immeuble n’est pas mis en location : l’usufruitier belge ne doit faire aucune déclaration en France, mais il reste tenu de déclarer, en Belgique, la valeur locative brute de l’immeuble, sous déduction des impôts locaux. De même, il n’y aura pas d’imposition en Belgique mais impact possible sur la réserve de progressivité.

Pour le reste, je ne vois pas à quoi vous faites référence en mentionnant l’article (2007).

A votre disposition.

Alain Lacourt

Michel Balthasart le 8 juin 2010 à 15:54

Merci infiniment pour cette prompte et claire réponse! Concernant l’article, je faisais référence à votre texte: “Comment déclarer le revenu de votre seconde résidence en France dans votre déclaration?” publié le 26 juin 2007.

Michel Balthasart le 8 juin 2010 à 16:04

Parfois, hélas, les choses ne sont pas si simples. Si l’usufruitière n’exerce pas son usufruit et que c’est la nue-propriétaire qui gère le bien, qui l’a mis en location par le biais d’une agence (les loyers tombant sur le compte de l’usufruitière, sur lequel la nue-propriétaire détient une procuration), est-ce quand même à l’usufruitière “obligatoirement” (et non à la nue-propriétaire) à déclarer les revenus locatifs? Encore merci pour votre réponse, qui est très importante, dans le cadre de relations mère-fille.

lacourt alain le 8 juin 2010 à 16:56

Votre commentaire.

Cela ne change rien. Juridiquement, le bénéficiaire des revenus reste l’usufruitier, même si ce dernier a “mandaté” le nu-propriétaire pour effectuer les démarches pour les encaisser.
Si le nu-propriétaire a une procuration sur le compte de l’usufruitier, il pourrait être considéré qu’il puisse utiliser cette procuration pour “prélever” le montant des loyers à son profit. Dans ce cas, il y aurait une donation déguisée de ladite somme. Mais le bénéficiaire juridique du loyer, et donc le redevable de l’impôt sur ce revenu, reste l’usufruitier. Libre à ce dernier d’en gratifier quiconque après l’encaissement du loyer, y compris le nu-propriétaire. Dans ce cas, ce dernier pourrait théoriquement être redevable d’un impôt au titre des droits de donation, mais pas au titre de l’impôt sur les revenus.
En Belgique, pareille donation n’est pas imposable. Toutefois, lors du décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire (et accessoirement donataire des loyers) serait tenu de réintégrer dans l’actif successoral l’ensemble des loyers qui lui ont été donnés durant les 3 années précédant la date du décès de l’usufruitier.
Rassurez-vous, il appartient à l’administration fiscale belge de démontrer elle-même qu’il y a eu une libéralité sur les loyers encaissés par l’usufruitier et donnés au nu-propriétaire. Il ne reste plus qu’à espérer que le receveur de l’enregistrement n’aura pas lu et retenu le contenu de notre message publique ! (lol)
Maintenant, la modicité des sommes en question est votre meilleure protection contre toute velléité de l’administration fiscale belge (ou française) de vouloir imposer cette donation éventuelle que vous venez de révéler involontairement !
Sans vouloir vous faire peur, s’il y avait un point pour lequel il y a lieu d’être très attentif dans cette relation “mère-fille” ou “usufruitier/nu-propriétaire”, ce n’est pas, comme vous l’indiquiez dans votre questionnement, la détermination du redevable de l’impôt sur les revenus locatifs, mais la façon dont le démembrement de propriété a été réalisé. Vous n’êtes pas sans savoir que, tant le droit belge que le droit français, considère qu’il y a une présomption de fictivité lorsque le nu-propriétaire est réputé être l’héritier de l’usufruitier. Les dispositions de l’art. 751 du CGI sont bien plus contraignantes, en France, que celles prévues aux art. 9 à 13, en Belgique, pour contourner cette présomption. Quand pareille détention scindée porte sur un immeuble en France, j’invite toujours mes clients à vérifier scrupuleusement ce point. Car il n’est pas impossible d’avoir des déconvenues, en France, au décès de l’usufruitier, surtout si ce démembrement a été fait, il y a de nombreuses années et de manière “sauvage” ! A vous de vérifier si tout a bien été exécuté dans les règles de l’art !

Michel Balthasart le 8 juin 2010 à 17:28

Merci beaucoup pour cette réponse très complète. Nous n’hésiterons pas à vous consulter.

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